Chef d'entreprise consultant son compteur électrique triphasé dans un atelier professionnel
Publié le 8 février 2026

Votre facture d’électricité triphasée vous semble trop élevée ? Vous n’êtes pas seul. Dans mon activité de conseil auprès d’artisans et TPE en Rhône-Alpes, je constate régulièrement que la puissance souscrite dépasse de 30 à 50% les besoins réels. Sur les dossiers analysés ces deux dernières années, cela représente un surcoût de 15 à 25% sur l’abonnement. Soyons clairs : avant de chercher le fournisseur le moins cher, il faut d’abord vérifier que votre contrat actuel correspond vraiment à votre activité.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion énergétique personnalisé. Les tarifs mentionnés sont susceptibles d’évoluer. Consultez un courtier en énergie ou votre fournisseur pour une analyse adaptée à votre situation.

L’essentiel pour optimiser votre triphasé en 60 secondes

  • Vérifiez si votre puissance souscrite correspond à vos besoins réels (souvent surdimensionnée de 30%)
  • L’option HP/HC devient rentable dès 26% de consommation en heures creuses depuis février 2026
  • Le changement de puissance coûte 4,28€ et se fait sous 24-48h avec Linky
  • Comparer les fournisseurs, oui, mais après avoir optimisé puissance et option tarifaire

Votre triphasé est-il vraiment adapté à votre activité ?

Franchement, c’est la première question à vous poser. J’ai accompagné des dizaines d’artisans qui payaient un abonnement triphasé 36 kVA alors qu’un 18 kVA monophasé aurait largement suffi. Le triphasé n’est pas un luxe, c’est un outil technique qui répond à des besoins précis. Et si vous n’avez pas ces besoins, vous payez pour rien.

Le triphasé devient indispensable dans trois situations : vous utilisez des machines industrielles lourdes (soudeuse à l’arc, compresseur de plus de 5 kW, tour d’usinage), votre local est éloigné de plus de 50 mètres du point de livraison, ou votre activité génère des appels de puissance simultanés importants. Pour tout le reste — bureaux, commerces, petits ateliers avec outillage léger — le monophasé fait parfaitement l’affaire.

Avez-vous vraiment besoin du triphasé ?

  • Équipements industriels lourds (soudeuse, compresseur >5kW, machines-outils) :
    Triphasé indispensable — ne changez rien, mais vérifiez votre puissance souscrite.
  • Uniquement bureautique, éclairage et petit outillage portatif :
    Monophasé suffisant — étudiez le passage pour économiser sur l’abonnement.
  • Activité mixte avec pics ponctuels (climatisation, four, pompe) :
    Triphasé conseillé, mais vérifiez si votre puissance actuelle n’est pas surdimensionnée.
  • Local éloigné du compteur (câble >50 mètres) :
    Triphasé recommandé pour limiter les pertes en ligne, même avec consommation modérée.

Si vous êtes dans le deuxième cas, le passage au monophasé peut représenter une économie de 80 à 150€ par an rien que sur l’abonnement. Ça ne semble pas énorme, mais cumulé avec les autres leviers, on arrive vite à des montants significatifs.

Les 4 leviers pour réduire votre facture triphasée dès ce mois-ci

Mon avis (qui n’engage que moi) : commencez toujours par vérifier votre puissance souscrite avant de regarder les options tarifaires ou les fournisseurs alternatifs. C’est le levier le plus simple et souvent le plus rentable. Les trois quarts des TPE que j’accompagne sont surdimensionnées en puissance — et elles l’ignorent.

Ajuster votre puissance souscrite au plus juste

Un tableau bien dimensionné évite les surcoûts d’abonnement



La puissance souscrite, c’est ce qui détermine le montant de votre abonnement. Plus elle est élevée, plus vous payez — même si vous n’utilisez jamais cette puissance. Le problème : beaucoup de contrats ont été souscrits « à la louche » lors de l’installation, avec une marge de sécurité excessive.

Concrètement, regardez votre facture : vous voyez « Puissance souscrite : 30 kVA » ou « 36 kVA » ? Si votre compteur Linky indique une puissance maximale atteinte de 18 ou 20 kVA sur les 12 derniers mois, vous payez pour du vent. Pour déterminer l’abonnement optimal, il est essentiel de choisir un tarif adapté à votre puissance souscrite.

Cas réel : Laurent, menuiserie près de Lyon

J’ai accompagné Laurent l’année dernière. Son atelier tournait avec un compteur 36 kVA triphasé, facture annuelle de 4 800€. En analysant sa consommation réelle, on s’est rendu compte que ses machines (scie à ruban, raboteuse) ne dépassaient jamais 22 kVA simultanément. On a basculé sur 24 kVA, ajusté l’option tarifaire : résultat, 680€ d’économie annuelle. Pas de travaux, pas de coupure, juste un coup de fil au fournisseur.

Choisir l’option tarifaire qui colle à vos horaires

L’option heures pleines/heures creuses semble alléchante sur le papier. Mais attention au piège classique : si vous ne consommez pas assez en heures creuses, vous perdez de l’argent. Selon l’étude Hello Watt sur la rentabilité HP/HC, le seuil de rentabilité est passé à 26% de consommation en heures creuses depuis février 2026 (contre 31% avant). C’est une bonne nouvelle, mais ça reste un seuil à atteindre.

Dans la vraie vie, ça veut dire quoi ? Si votre activité tourne essentiellement entre 8h et 18h, l’option base reste probablement plus avantageuse. L’option HP/HC devient intéressante si vous avez des équipements qui tournent la nuit (chauffage, chauffe-eau, machines programmables) ou si vous pouvez décaler certaines consommations.

Base, HP/HC ou offre de marché : quelle option pour votre profil ?
Option Profil idéal Économie potentielle Contrainte
Option base Activité diurne classique (8h-18h) Référence Prix kWh unique, pas de flexibilité
Option HP/HC Consommation nocturne >26% du total 10-15% si seuil atteint Plages horaires imposées (8h HC/jour)
Offre de marché prix fixe Besoin de visibilité budgétaire Variable selon négociation Engagement durée, pénalités résiliation
Offre indexée Profil opportuniste, suivi marché Potentiellement élevée si marché baisse Risque hausse, volatilité facture

Comparer les offres de marché sans vous faire avoir

Ce qui me surprend souvent chez mes clients : ils passent des heures à comparer les fournisseurs alors qu’ils n’ont pas vérifié leur puissance souscrite. C’est comme chercher le supermarché le moins cher alors que vous remplissez votre caddie de produits dont vous n’avez pas besoin.

Les pièges des offres à prix cassé

Méfiez-vous des offres affichant -30% sur le kWh. Vérifiez toujours le prix de l’abonnement (souvent plus élevé) et les conditions de révision tarifaire. Une offre « indexée sur le marché » peut exploser si les cours de l’électricité remontent. D’après l’analyse du Médiateur de l’énergie, le tarif réglementé reste une valeur refuge pour les TPE éligibles.

Mon conseil : ne changez de fournisseur qu’après avoir optimisé puissance et option tarifaire. Et si vous changez, privilégiez les offres à prix fixe sur 12-24 mois pour sécuriser votre budget. Cette liste n’est pas exhaustive — il existe d’autres options comme Tempo ou EJP historiques, mais elles concernent des profils très spécifiques avec une forte capacité d’effacement.

Comment changer sans risque de coupure ni mauvaise surprise

La peur de la coupure, c’est ce qui bloque la plupart des chefs d’entreprise que j’accompagne. Soyons honnêtes : avec un compteur Linky, le risque est quasi nul si vous restez raisonnable. Le changement de puissance ou d’option tarifaire se fait à distance, sans intervention physique.

Suivre sa consommation réelle avant de modifier son contrat



Selon les tarifs prestations Enedis 2026, la modification de puissance coûte 4,28€ TTC. Le changement d’option tarifaire est gratuit et effectif sous 24 heures. Pour consulter les grilles tarifaires détaillées et les différentes puissances disponibles en triphasé (9, 12, 15, 18, 24, 30, 36 kVA), vous pouvez vous référer à opera-energie.com.


  • Demande de changement au fournisseur (en ligne ou téléphone)

  • Réception de la proposition tarifaire et du nouveau contrat

  • Mise en application effective (Linky : intervention à distance)

  • Première facture reflétant le changement

Attention si vous baissez puis remontez la puissance

Si vous baissez votre puissance et devez la remonter dans les 12 mois suivants, une pénalité de 56,96€ TTC s’applique. Prenez le temps d’analyser vos consommations maximales sur une année complète avant de décider.

Vos questions sur l’optimisation du triphasé pro

Puis-je passer du triphasé au monophasé sans travaux ?

Le passage de triphasé à monophasé nécessite généralement une intervention technique d’Enedis pour modifier le branchement et le disjoncteur. Comptez 150 à 250€ selon la configuration. Ce n’est rentable que si vous n’avez vraiment pas besoin du triphasé et prévoyez de rester plusieurs années dans ce local.

Comment savoir si ma puissance est surdimensionnée ?

Consultez votre espace client Enedis ou votre compteur Linky : la « puissance maximale atteinte » sur 12 mois vous donne la réponse. Si cette valeur est inférieure de plus de 20% à votre puissance souscrite, vous pouvez probablement baisser d’un cran.

Quels sont les risques si je baisse trop ma puissance ?

Si vous dépassez votre puissance souscrite, le compteur Linky coupe l’alimentation. Vous devez alors relancer manuellement ou attendre le réenclenchement automatique. C’est gênant, mais pas dangereux. Gardez une marge de sécurité de 10-15% par rapport à votre pic de consommation réel.

Combien coûte un changement de fournisseur ?

Le changement de fournisseur est gratuit pour les TPE au tarif réglementé — pas de frais de résiliation, pas de préavis. Pour les contrats de marché à prix fixe, vérifiez les conditions : certains prévoient des pénalités en cas de résiliation anticipée.

Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé pour optimiser votre contrat, faire appel à un courtier en énergie pour votre entreprise peut vous faire gagner du temps et sécuriser vos choix.

La prochaine étape pour vous

Plutôt que de vous perdre dans les comparateurs, commencez par une action simple : connectez-vous à votre espace Enedis, relevez votre puissance maximale atteinte sur 12 mois, et comparez-la à votre puissance souscrite. Si l’écart dépasse 20%, vous avez votre premier levier d’économie.

Précisions sur les tarifs et calculs présentés

  • Les tarifs indiqués correspondent au Tarif Bleu EDF en vigueur en février 2026 et sont susceptibles d’évolution
  • Les économies estimées dépendent fortement de votre profil de consommation réel
  • Le passage d’une option tarifaire à une autre peut engendrer des frais et délais variables selon le fournisseur

Risques à considérer : sous-dimensionnement pouvant entraîner des coupures, surcoût si option HP/HC sans report effectif de consommation, pénalités de résiliation anticipée sur contrats à prix fixe.

Pour une analyse personnalisée, consultez un courtier en énergie ou le conseiller de votre fournisseur d’électricité.

Rédigé par Marc Beaumont, consultant en optimisation énergétique pour les professionnels depuis 2018. Basé en région Rhône-Alpes, il accompagne artisans, TPE et PME industrielles dans la maîtrise de leurs contrats d'électricité et de gaz. Son approche privilégie l'analyse des factures réelles et les solutions pragmatiques adaptées à chaque activité. Il intervient régulièrement en formation auprès de chambres de métiers sur la gestion des charges énergétiques.